Aux origines : un héritage vivant
Bien avant la naissance des Lauriers du Théâtre Indépendant, il y a une histoire de transmission.Laurent Leclerc naît au cœur du spectacle vivant : fils de magicien, petit-fils de marionnettiste, arrière-petit-fils d’une chapelière de théâtre. Dans cette lignée où les mains fabriquent, où la scène se monte et se démonte, où l’art se transmet autant par le geste que par la parole, il forge très tôt une sensibilité singulière au jeu, au récit et à la mise en scène.
Formé à l’INSAS de Bruxelles, assistant de Claude Stratz et auditeur libre au CNSAD de Paris, passé par La Fémis (scénario), assistant de Bob Wilson, Laurent Leclerc construit un parcours pluriel, traversant le théâtre, la radio, l’opéra et le cinéma, en France comme à l’international. Acteur, auteur, metteur en scène, réalisateur, producteur, il travaille aussi bien sous la direction de grandes figures que dans ses propres créations, avec des comédiens de la Comédie-Française comme Catherine Salviat ou Birane Ba, des artistes associés de longue date à sa compagnie ou des interprètes croisés sur le chemin de son école parisienne Barouf EMS.
Sa trentaine de spectacles — dont Tout doit disparaître, Les Epouvantails, Les Antigones au cheveux blancs, La Trilogie Algérienne composée de Halgil, Sangs mêlés et Achouria (Prix du Ministère de la Culture), La trilogie franco-sénégalaise Les Naufragés de la Méduse composée de La Cantinière des Armées, Soox Méduse et La Chair des Anges déchus —, comme ses films et sa cinquantaine d’œuvres radiophoniques, portent une même exigence : faire dialoguer héritage et contemporanéité, engagement et poésie, rigueur et liberté.
Très tôt, une conviction s’impose : le théâtre indépendant, celui des compagnies de création, de la décentralisation réelle, de l’invention fragile et tenace, constitue un pilier essentiel de la vitalité artistique. Un pilier pourtant trop souvent invisible.
Faire famille : transmettre
Au fil des années, Laurent Leclerc ne cesse de rassembler.
À la radio, il cofonde l’ACSR à Bruxelles, crée et dirige des festivals, produit plus de quarante œuvres diffusées sur les grandes radios publiques francophones.
Au théâtre, il devient artiste associé à la Comédie Poitou-Charentes – CDN, met en scène les grands textes comme les écritures contemporaines, et inscrit son travail dans une dynamique collective.
En 2014, cette volonté de transmission se concrétise : Laurent Leclerc fonde et prend la direction de Barouf EMS – École de Mise en Scène de Paris, première école professionnelle reconnue par l’État, dédiée exclusivement à la mise en scène en France. Structure pionnière et hors du commun, Barouf EMS fait ce qu’aucune autre école ne fait en développant une pédagogie unique, ancrée dans la réalité du métier, fondée sur l’expérimentation, le collectif et l’insertion professionnelle. Véritable espace de liberté, de recherche et de transmission, l’école forme une nouvelle génération de créateurs en lien étroit avec le monde professionnel et de nombreuses figures majeures du théâtre contemporain, et occupe aujourd’hui une place de référence dans le paysage théâtral français, où s’inventent les formes et les regards du théâtre de demain.
C’est dans ce terreau — celui de la pédagogie, de la création et de la défense active des artistes — que germe l’idée des Lauriers du Théâtre Indépendant. À l’image des Césars, des Victoires de la Musique ou des Molières, principalement dédiés au théâtre privé, s’impose alors une évidence : un pan essentiel du théâtre français mérite ses propres distinctions. Celui des compagnies indépendantes, ni institutionnelles ni privées, qui portent un théâtre de création sur tout le territoire, avec plus de passion que de moyens, et qui constituent, depuis toujours et aujourd’hui encore, l’âme et le cœur battant du théâtre.
Les Lauriers : reconnaître, célébrer
En 2024 naissent Les Lauriers du Théâtre Indépendant.
Créés par Laurent Leclerc, organisés par Barouf et décernés par l’Union du Théâtre Indépendant, ils récompensent chaque année les artistes, techniciens et équipes qui font vivre le spectacle vivant indépendant en France, dans l’esprit de la décentralisation initiée par Jeanne Laurent et poursuivie par André Malraux et beaucoup d’autres.
Un comité de sélection de cinquante professionnels, un jury indépendant, vingt-quatre catégories — artistiques et techniques — (dont 12 qui n’existent nulle part ailleurs dans les récompenses françaises) et une cérémonie mise en scène et présentée par Laurent Leclerc lui-même : les Lauriers affirment dès leur première édition une ambition forte, exigeante et fédératrice.
Cette ambition se cristallise dans un objet symbolique : le trophée des Lauriers, dessiné par Laurent Leclerc. Inspiré des couronnes honorifiques hellénistiques, il associe un socle angulaire, ancré dans la matière, à un arc de lauriers plus aérien, tendu vers le ciel. Reliés par un trait d’union, ils incarnent la condition de l’artiste indépendant : tenir solidement debout pour laisser éclore ses rêves. Coulé chaque année en laiton et bronze, ce trophée devient à la fois une reconnaissance et un manifeste.
Les Lauriers ne sont pas une fin, mais un commencement.
Ils célèbrent une famille artistique libre, inventive, engagée.
Ils inscrivent dans le temps une conviction profonde : le théâtre indépendant n’est pas un théâtre mineur, mais un théâtre essentiel.
Et à travers eux, Laurent Leclerc poursuit, sous une forme nouvelle, le geste hérité de ses aïeux : transmettre, fabriquer, faire briller la scène contemporaine Libre.
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